La Région Ile-de-France a l’ambition de créer la première Eco-région d’Europe. Afin d’atteindre cet objectif le schéma directeur de la Région Ile-de-France révèle la stratégie d’aménagement et le projet spatial régional. La mobilisation des acteurs de l’aménagement et l’appropriation du SDRIF par ces mêmes acteurs sont décisives pour traiter de la question du devenir de la région Ile-de-France d’ici à 2030. Comment assurer la lisibilité régionale et la visibilité internationale de l’Ile-de-France ? Comment dessiner une région dynamique et solidaire dans un souci d’équité entre les différents territoires qui la composent ? Quelles politiques mettre en œuvre et avec quels moyens ? Quels acteurs mobiliser pour résoudre les déséquilibres territoriaux et sociaux pour développer à l’échelle de la région la cohésion sociale et territoriale ?Le processus de réflexion qui permet de passer de la révision du schéma précédent à la proposition du 15 février 2007 est le point de départ de la synthèse. C’est par l’analyse des grandes orientations et par l’étude du projet spatial régional que l’entrée dans le cœur du Schéma Directeur de la Région Ile-de-France est possible. Ce faisant, la nouvelle stratégie d’aménagement est mise en évidence et la place réservée à Marne la Vallée et Val d’Europe révélée.
1. DE LA REVISION DU SCHEMA PRECEDENT A LA PROPOSITION DU 15 FEVRIER 2007
1.1 Le processus de réflexion
La manière de penser l’aménagement du territoire est en pleine évolution du fait de la mondialisation et de la transformation sociale. L’organisation de nouveaux circuits d’échanges matériels et immatériels, la hausse structurelle du prix du pétrole, le changement climatique, la place des femmes dans la société, l’évolution des modes de vie familiaux, le vieillissement des populations sont autant de facteurs de mise en œuvre d’une nouvelle stratégie d’aménagement à l’échelle de la région Ile-de-France. En effet, la prise en compte de tous ces changements passe par une nouvelle localisation des activités, une meilleure répartition du parc social, un bouleversement de la consommation de produits dérivés…
La révision du SDRIF de 1994 est un acte majeur qui a abouti à l’établissement d’un premier bilan (communication de mai 2005). A la suite d’échanges et de débats la vision régionale a été présentée en juin 2006. Ce faisant le Conseil Régional a proposé le Schéma Directeur de la Région Ile-de-France c'est-à-dire le projet arrêté par délibération le 15 février 2007.
1.2 L’entrecroisement des regards et l’appropriation du SDRIF par les acteurs de l’aménagement
Le SDRIF identifie quelques dizaines de grandes entités fonctionnelles et paysagères et quelques centaines de sous entités locales. Les collectivités locales pourront proposer d’autres découpages s’ils sont justifiés par une analyse plus fine de la cohérence multifonctionnelle et paysagère. Les collectivités locales doivent aussi définir précisément la délimitation des espaces à densifier et à urbaniser, concevoir la ville compacte et économe. Afin d’atteindre ces objectifs, elles doivent anticiper et répondre aux mutations du monde sur le plan climatique et énergétique.La relance du processus interrégional, avec notamment la première conférence des présidents de régions doit permettre d’échanger en vue d’une meilleure péréquation entre les ressources des collectivités locales et d’améliorer les relations entre acteurs de l’aménagement. En effet, la mise en œuvre du SDRIF dépend des documents règlementaires et contractuels, des procédures et des décisions publiques mais surtout de la qualité des relations entre Conseil Régional, Etat, Conseil Général, Communes et Groupement de Communes. L’existence des guides d’application du SDRIF, les efforts de pédagogie envers les professionnels ainsi que les rencontres de concertation entre associations et franciliens faciliteront l’appropriation du SDRIF par les acteurs de l’aménagement.
1.3 Les leçons tirées des évaluations précédentes
Le SDRIF de 1994 notait une offre suffisante des grandes surfaces en zones commerciales périphériques et préconisait un développement commercial des centres villes. Le projet de 1994 n’a pas résolu les processus ségrégatifs ni les déséquilibres territoriaux et sociaux car les objectifs étaient trop rigides et mal adaptés au contexte économique en évolution rapide. D’autre part, le manque de coordination entre acteurs publics et privés n’a pas permis d’assurer la mise en œuvre et les outils d’évaluation du SDRIF se sont avérés inadaptés. Les fractures dans le système territorial demeurent et les révoltes urbaines de l’automne 2005 sont bien la preuve que le bilan 2004 n’est pas bon. En conséquence, l’adaptation plus grande au monde de demain reste un objectif à atteindre.
1.4 La compatibilité avec le SDRIF et la traduction graphique des orientations dans les documents de planification
Le Plan de Déplacements Urbains et le Schéma Régional des Infrastructures et des Transports doivent être compatibles avec le SDRIF et respecter ses orientations. Les Programmes locaux d’Habitat doivent eux aussi être compatibles avec le SDRIF même si cela n’est pas prévu au Code de l’Urbanisme. Enfin le SDRIF doit être opposable aux chartes des Parcs Naturels Régionaux.Le Conseil Régional demande à être systématiquement associé à l’élaboration ou à la révision des Schémas de Cohérence Territoriale ou des Plans Locaux d’Urbanisme. La réalisation de documents cartographiques dans le Schéma de Cohérence Territoriale qui traduiraient à l’échelle intercommunale les orientations du SDRIF est souhaitée.
2. LE CŒUR DU SDRIF
2.1 Les orientations fondamentales
Le SDRIF s’inscrit dans la continuité du Schéma Régional basé depuis les années 60 sur le renforcement du Polycentrisme en s’appuyant sur les services et infrastructures de transports. Les grandes orientations sont données par la carte de destination générale des différentes parties du territoire. Ces orientations portent sur la relance de la construction de logements, la nouvelle politique du système régional de transports, l’accès à l’emploi, aux services, à la formation, à la santé pour tous les territoires et enfin sur la valorisation de l’environnement.
La relance de la construction de logements
L’accent est mis sur la question du logement (60 000 logements /an pendant 25 ans) car l’objectif est d’offrir un logement à tous les franciliens et de viser un taux de 30% de logements sociaux.Le SDRIF préconise la densification des espaces urbains existants et l’aménagement des espaces les mieux desservis. Le principe d’intensification urbaine (densification, compacité, accessibilité) doit être respecté.
La nouvelle politique du système régional de transports
La nouvelle politique des transports a pour but d’organiser la mobilité raisonnée des personnes et le transport durable des biens. L’alternative ferroviaire et fluviale par rapport au transport routier de marchandises est préférée face aux enjeux énergétiques et environnementaux. Les transports collectifs doivent maximiser les échanges et la proximité
L’accès à l’emploi, aux services, à la formation et à la santé
A l’échelle de la région, 28 000 nouveaux emplois / an et jusqu’à 40 000 emplois en conjoncture favorable devront être créés pour stimuler l’activité économique. Les Zones d’Activités Economiques de la première génération vieillissent. En conséquence, les Zones d’Activités Existantes (1200 au total sur 23 000 ha d’emprises foncières) doivent être réhabilitées ou de nouvelles doivent être créées. Leur localisation doit privilégier une desserte multimodale et un positionnement au carrefour de nœuds autoroutiers actuels programmés. Le rééquilibrage et la modernisation des quartiers d’affaires de l’Ile-de-France sont prévus par le SDRIF.
La valorisation de l’environnement
Afin de créer la première Eco-région d’Europe, l’urbanisation nouvelle se fonde sur des objectifs de développement durable (limiter la consommation d’espace et limiter la consommation énergétique) tout en augmentant le volume de logements. Dans ce souci de préservation de la nature, la région souhaite favoriser le commerce de proximité car il limite les déplacements et s’avère plus respectueux de l’environnement. La région souhaite aussi maîtriser l’étalement urbain et promouvoir une ville plus compacte, plus dense, économe en espace et en énergie.Cinq grands faisceaux (Ouest, Nord, Est, Sud-Est, Sud) qui intègrent à chaque fois la ville de Paris forment un cadre de dialogue entre la Région et les territoires franciliens et entre les territoires entre eux. L’objectif visé étant que chaque faisceau offre pour sa population le même niveau de développement et le même niveau d’offre métropolitaine. Les faisceaux Nord, Est et Sud-Est bénéficient d’efforts plus soutenus même si l’Etat va créer deux nouvelles Opérations d’Intérêt National (OIN) dans l’ouest et dans l’agglomération centrale.
2.2 Le projet spatial régional
L’ambition est de compléter les schémas directeurs précédents par une action structurante sur la banlieue constituée et de diversifier le développement, jusqu’ici plutôt porté par l’Ouest et le centre du cœur d’agglomération. Le fleuve (La Seine et ses affluents) est l’élément fédérateur du projet spatial régional. Le renouveau économique du fleuve vise à préserver les emprises d’activités le long de ses berges avec notamment le maintien des sites de production. L’ouverture du fleuve sur la ville se fera dans le respect du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SDAGE) et du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE). Il s’agit par conséquent d’associer le fleuve au développement économique et à la politique énergétique tout en développant un partenariat avec les acteurs institutionnels de la gestion du domaine public fluvial.
3. DU CONCEPT DE VILLE NOUVELLE A LA MISE EN ŒUVRE D’UNE « GEOGRAPHIE STRATEGIQUE ET PRIORITAIRE »
3.1 Le changement de stratégie d’aménagement
Pendant 40 ans, 5 villes nouvelles (Evry, Saint-Quentin en Yvelines, Cergy-Pontoise, Sénart et Marne la Vallée) ont été au cœur de la stratégie d’aménagement de l’Ile-de-France. Si Evry, Saint-Quentin en Yvelines et Cergy-Pontoise ont désormais perdu leur statut de villes nouvelles, Sénart et Marne la Vallée vont connaître un développement important sur la durée du SDRIF. Ces deux villes nouvelles constituent un potentiel foncier exceptionnel à l’échelle régionale. C’est pourquoi leur valorisation doit se faire par des programmes ambitieux et ce d’autant plus que ces villes nouvelles n’ont pas atteint les niveaux de masse et d’offre de centralité qu’envisageait, en 1965 le Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme de la Région Parisienne (SDAURP).
3.2 La mise en œuvre de la géographie stratégique et prioritaire
La géographie stratégique et prioritaire concerne les territoires stratégiques (ou territoires en mouvement) c'est-à-dire ceux qui ont un rôle moteur et les sites prioritaires c’est-à-dire les premiers concernés par les enjeux de rééquilibrage, réduction des inégalités et cohésion territoriale. Les territoires stratégiques accueillent les portes d’entrées internationales (aéroports, gares TGV) et les lieux d’ouverture de l’Ile-de-France sur le monde (centres de congrès et parcs d’exposition). La ville nouvelle de Marne la vallée est considérée comme un territoire stratégique du SDRIF. Le SDRIF précise que le Val Maubuée, Bussy Saint-Georges et le Val d’Europe vont bénéficier d’Opérations d’Intérêt National Val d’Europe et que deux établissements publics d’aménagement y sont en action.
4. MARNE LA VALLEE ET VAL D’EUROPE : UN GISEMENT FONCIER EXCEPTIONNEL
4.1 Le faisceau Est
Le territoire du faisceau Est se compose de pôles à dynamiser (Marne la Vallée, Portes de Paris, Meaux, Coulommiers, La Ferté-Sous-Jouarre) et de territoires à raccrocher au dynamisme francilien (Clichy Sous Bois, Montfermeil, Champigny-Sur-Marne/Villiers-Sur-Marne, territoires interrégionaux de l’Est de la Seine et Marne).
4.2 Le pôle de compétitivité
Marne la Vallée est le cœur des pôles de compétitivité grâce à la Cité Descartes. Ce campus scientifique et technique doit être développé. Le regroupement d’équipements lourd de recherche doit avoir lieu dans ce territoire majeur de rayonnement international et de forte concentration. C’est pour cette raison que Val d’Europe doit renforcer sa vocation de pôle urbain structurant, de pôle économique tertiaire et de pôle touristique international. La disparité au niveau de l’accès à l’enseignement supérieur et à la recherche est particulièrement forte en Seine et Marne. A l’intérieur des pôles scientifiques et/ou technologiques d’Ile-de-France en plein essor(Marne la vallée/Cité Descarte)le regroupement des établissements d’enseignement supérieur se fera dans le cadre de la création du Polytechnicum Marne la Vallée pour mutualiser les moyens et intégrer les laboratoires de recherche. Des réseaux coopératifs de recherche verront le jour : Domaine d’Intérêt Majeur (DIM), Réseaux thématiques de recherche avancée (RTRA) Réseaux thématiques de recherche et de soins (RTRS), Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES). L’amélioration de la desserte en transport et de l’accessibilité du site universitaire de Marne la Vallée est à prévoir, de même que la construction d’une nouvelle gare TGV du « Sud Seine et Marne » à la hauteur du pôle d’activités de Villaroche.
4.3 Le secteur préférentiel
Val d’Europe est un des secteurs préférentiels d’urbanisation du SDRIF. En effet, dans cette partie de l’Ile-de-France, les attentes de la région sont multiples. Une densification urbaine couplée à une organisation urbaine, un renforcement du fonctionnement en réseau et une amélioration des liaisons avec les centres voisins (Bobigny, Créteil, Montreuil, Chelles, Meaux). Les opérations de renouvellement urbain engagées au Val Maubuée doivent servir de cadre à une plus grande densification urbaine. Une amélioration de la desserte en transports collectifs en site propre entre Lagny Sur Marne et Val d’Europe. |