De Saria à Serris
IL ETAIT UNE FOIS AU MILIEU DE GRANDS BOIS UN PETIT VILLAGE APPELE SARIA
Ce nom voulait dire resserre (réserve) de bois. Les forêts, alors vers 1102, recouvraient presque toutes les terres de France. On parle d’une forêt Nemus de Sarriis, essarte (défriche) de Sariis, d’un bois Nemus de Sarii. Des tous premiers habitants (Saria n’avait pas encore de nom) on ne sait rien, si ce n’est que l’on retrouve quelquefois dans les labours de très belles pierres taillées (âge paléolitique), des pierres polies (âge néolithique) ; rien d’autre n’émerge de ces lieux pour nous en parler.
Au lieu-dit « Les Ruelles », des fouilles archéologiques conduites par MM. Foucray et Gentili ont été effectuées de septembre 1989 jusqu’à octobre 1990. Il ressort que les traces du village remontent même à la période gallo-romaine. En attestent des restes enfouis de bâtiments d’exploitation et fossés de drainage. Des fouilles dont donc surgit une nécropole et un village.
Quant au VILLAGE, supposé en limite de forêt de Ferrières (elle devait alors s’étendre jusque là) et bien que des fouilles n’aient pas été réalisées sur sa partie principale, il semble s’être composé de plusieurs grandes surfaces à deux nefs sur poteaux de bois, la pierre n’étant qu’exceptionnellement utilisée. Une longue palissade doublée d’un fossé marquait l’extrémité et le Ru actuel des gassets traversait le village en son milieu. Une église, à ce qu’il semble, aurait été utilisée pour des inhumations …
Pourquoi un abandon du village vers le Xè siècle alors qu’un manoir existait sur les lieux vers 1325 et dépendant de la paroisse de Jossigny ? Des fossés profonds, en partie fouillés, ont livré des céramiques et autres vestiges en bois et cuir très bien conservés grâce à l’extrême humidité du sous-sol.
Notre Serris actuel, en son centre, serait l’héritage de ces lointains aïeux. Mais une interrogation reste quant à l’occupation du site entre le Xè siècle et 1102, période où l’on trouve trace de Sarriis-Saria-Serris.
De 410 habitants en 1978, nous sommes passés en 899 en 1990 (trois lotissements ayant été formés au Nord et Est de Serris).
Les premiers habitants de Saria étaient donc des membres de familles de bûcherons, surtout pour le chauffage des châteaux et des villes. Puis les parcelles défrichées furent cultivées pour mieux se nourrir. Tout naturellement, les terres étant d’un bon rendement, les hommes devinrent agriculteurs et dans les parties herbeuses, firent de l’élevage. L’emplacement de Saria était au-dessus du ruisseau qui fournissait l’eau, appelé alors fontaine de Bellesmes, aujourd’hui, ru des Gassets. Les cultivateurs trouvent encore beaucoup de pierres et de vieux morceaux de tuiles dans cette partie située entre le ru, le chemin de Chessy et celui de Bellesmes.
Il y eut deux châteaux à Serris, de part et d’autre de ce qui est actuellement la route de Magny, à hauteur du hangar*. Il en resterait des souterrains (qui ont été vus par un ancien maire, décédé en 1976, alors qu’il était très jeune. Il y a vu des squelettes, la tête reposant sur une pierre, une lance au côté. Mail il n’a pu restituer l’emplacement exact par suite des divers remembrements. Un autre château était à Bellesmes (maintenant territoire de Bailly-Romainvilliers) construit près des restes d’une villa gallo-romaine … Une partie des fossés du château est encore visible. Il y avait aussi une ferme où fut arrêté Pépin, compromis dans la machine infernale de Fieschi contre le roi Louis-Philippe, en 1835.
* Actuellement le hangar n’existe plus, mais il se trouvait au croisement de la rue E. Cloud et du futur Boulevard circulaire.
A compter de 1610, le château féodal de la Motte, alors terre de Jossigny, appartenait à Charles Malo, conseiller au Parlement de Paris. Ayant acquis la terre attenante de Serris, il pria l’Archevêque de Paris de « distraire »le château de La Motte pour le réunir à cette dernière paroisse de Serris. Ce qui fut accordé en payant une somme indemnisant le curé de Jossigny. Ce château a été démoli vers 1820. Il ne reste que la ferme, qui seule resta terre de Serris, la ferme de Couternoy (ou Couternoie) étant sur Jossigny. Les fossés pleins d’eau entouraient le château qui avait un aspect assez formidable, avec tourelles et pont-levis. Il y eut au moins un moulin à vent (un lieudit, aujourd’hui encore se nomme le Champ du Moulin).**
Serris s’appelait donc Saria, ainsi mentionné sur le premier registre d’état civil qui ait été conservé en mairie et date de 1633. Louis XIII était alors Roi de France, Louis XIV naîtra en 1638. Ces registres furent tenus jusqu’à la Révolution par les prêtres. Le premier connu est l’abbé Depoyure.
Des écritures que l’on peut lire, il est facile de déduire que notre Serris actuel doit son nom à des erreurs d’orthographe qui ne furent plus faites sur les registres de la paroisse et de la commune après l’année 1716.
En 1633, on écrit Saria ; en 1690, Saria en Brie ; en 1693, Saris ; en 1694, Saria ; en 1791, Saris ; en 1705, Saria ; en 1707, Seris ; en 1708, Saris ; en 1709, Seris ; en 1712, Saria ; en 1713, Serris ; en 1714, Saria ; en 1716, Serris, et Serris nous sommes restés …
Que de noms pour notre petit village. Nous sommes des Serrissiens et des Serrissiennes (officiel), beaucoup maintenant d’adoption plus ou moins récente. Mais il y a encore de très anciennes familles qui n’ont pas quitté Serris depuis plus d’un siècle : Nourry, Léonard, Meignan …
En 1709, 38 feux (maisons) ; 1747, 37 feux ; 1888, 308 habitants ; 1946, 150 habitants, 1978, 410 habitants.
** Depuis une voie a pris le nom de Boulevard du Champ du Moulin.