L'Histoire

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L'église

L’église, l’ancienne, aurait été construite vers 1500 (XVIe siècle) sous le règne de Louis XII.

L’église est « le centre du village », paroisse de Saint-Michel ; c’est autour d’elle que se groupent les maisons (les premières maisons étaient au-delà du ru, groupées près des châteaux). On se réunit à la sacristie, on y règle les affaires du village, des jugements, les naissances, mariages, décès.

Le premier registre conservé datant de 1633 indique les naissances sous le vocable « baptêmes », les décès sous celui « d’actes mortuaires ».

En 1693, le registre deviendra celui des baptêmes, mariages et sépultures. Ces derniers actes étant suivis des mots « Riquiescat in Pace ».

A l’église, on y loue les terres, prés, on y discute de la « vie » du village. Le curé, sans être l’administrateur officiel (mais c’est lui qui tient le registre d’état civil) est celui que l’on consulte en toute chose, il est le plus instruit, le mieux informé, c’est un « sage », il conseille.

Cependant, il doit rendre compte bien sûr à ses supérieurs. Serris dépendait de l’Abbaye de Saint-Denis à laquelle vers 1194 Gaucher de Châtillon, seigneur de Crécy, avait cédé ses droits de justice sur la forêt de Crécy.

Le 3 janvier 1857, la France fut bouleversée par un drame : l’assassinat de Monseigneur Sibour, archevêque de Paris, âgé de 65 ans, en l’église Saint-Etienne-du-Mont à Paris, au cours d’une procession. Ce dernier bénissait un enfant près d’un homme agenouillé qui se leva brusquement, saisit la main qui bénissait et, très rapidement, poignarda au cœur. C’était Jean-Louis Verger, 31 ans, curé «d’une petite paroisse de Seine-et-Marne, Serris, qui comptait alors à peine 15 feux ».Il avait un caractère mauvais et vindicatif. Il protestait dans ses sermons contre la proclamation par Pie IX le 8 décembre 1854 du dogme de l’Immaculée Conception, qui semble avoir été à la base du drame. Sa grâce fut refusée et il fut exécuté le 30 janvier 1857. (Extrait du « Miroir de l’Histoire » - Paul Melot).

Les révolutions, la guerre de 1870 et l’occupation, les travaux d’assainissement (à cette époque, creusement de fossés au milieu des rues et passages pour écoulements de toutes sortes, leur comblage plus tard), les tracés de routes, la guerre 1914-1918, celle de 1939-1945, l’installation de l’électricité, le téléphone, eau, éclairage public, poste, aménagement du ru des Gassets, créations de rues et routes ne permettent que de petites réparations à l’église qui, faute d’entretien sérieux et de l’humidité des assisses, font que le 1er mars 1947, le Conseil Municipal décide la fermeture vu son état de délabrement.

Reconstruite, la chapelle actuelle est inaugurée le 6 octobre 1963 à 16 heures par Monseigneur Romain, grand vicaire de l’Evêché de Meaux, au grand plaisir du bon et aimable abbé Couvreur, 72 ans, desservant de Serris et des environs et les personnalités du canton, le maire M. Bénard, l’adjoint M. Cloud, le Conseil Municipal et les habitants et amis de Serris.

Lors de la démolition, on mit aussi soigneusement à l’abri trois dalles funéraires. La première aux initiales JF.D. 1751.

Des recherches au registre d’état civil permirent de trouver, après difficile lecture : « L’an mil sept cent cinquante et un le 28 du mois de janvier a été dans le chœur de cette église à gauche inhumé le corps de Monseigneur Jean-François de Sale Destrainville décédé hier. Prêtre de céans âgé de 67 ans qui a gouverné cette paroisse avec piété pendant 33 ans. Inhumation faite par Monseigneur Louis Ligache curé de Chessy en présence des demoiselles les sœurs du défunt et de Monseigneur ses confrères les curés de Conches, Villeneuve, Jossigny et son vicaire, Saint-Denis, curés de Bailly et Coupvray et autres qui ont signé ».

Une autre dalle gravée JFD.1761 pour laquelle les mêmes recherches donnèrent : « l’an mil sept cent soixante et un le trente et un juillet messire Jean-François Damien curé de ce lieu, décédé le 29 du présent mois âgé de 45 ans environ, muni des sacrements de l’Eglise a été inhumé dans le chœur de cette église par moy Pierre Johannes curé de Chessy en présence de Jean Denis Roussin curé de Magny-le-Hongre diocèse de Meaux, de Charles Foygnes vicaire de Bailly, de Jean Royer religieux tritinataire au Mont de Piété paroisse de Coupvre aussi diocèse de Meaux qui ont signé avec nous le présent acte ».